
La section Bénin du Réseau Alliance Droit et Santé, composée de l’ONG Le Bacar, du Scoutisme béninois et de CeRADIS-Ong, pays lead, a organisé, le 21 novembre 2025, à l’hôtel La Casa Cielo de Cotonou, un café-débat sur le thème : « Plaidoyer pour une prise en charge holistique et intégrée des survivant.e.s de VBG ».
L’événement a réuni plusieurs cadres, soutiens et partenaires de l’Alliance, ainsi que des acteurs de la société civile, des personnalités, des responsables religieux et de nombreux professionnels des médias, tous engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
Dans son discours de bienvenue, le directeur exécutif de CeRADIS, Nourou Deen Adjibadé, est revenu sur l’histoire et la mission du réseau, né en 2013. « C’est un réseau qui est né depuis 2013 et qui fait son petit bonhomme de chemin », a-t-il rappelé, soulignant plus d’une décennie d’actions en faveur des droits des filles et des femmes.
Il a insisté sur l’objectif central du réseau, qui est de rendre réellement opérationnels les dispositifs institutionnels, juridiques et sociaux mis en place au Bénin pour lutter contre les VBG. « Ce travail que nous faisons depuis plus d’une dizaine d’années nous permet de faire entendre la voix des jeunes filles, la voix des femmes battues, la voix des femmes violentées », a-t-il déclaré.
Il a également salué la collaboration avec le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, dont la plateforme nationale de données constitue un outil essentiel pour renforcer le plaidoyer. « Aujourd’hui, le ministère des Affaires sociales dispose d’une plateforme qui nous permet d’accéder à des données en temps opportun », a-t-il souligné.
Représentant la présidente du Réseau Alliance Droit et Santé, empêchée, Hugues Landry Hien a rappelé la constance de la mobilisation depuis la création du réseau. « Depuis 2013, depuis plus d’une décennie, nous mobilisons les communautés à travers ce type de rencontre pour influencer les décideurs publics », a-t-il expliqué.
Il a par ailleurs félicité le Bénin pour son cadre juridique qu’il juge robuste : « Nous avons constaté un arsenal juridique, des instruments juridiques internationaux et un corpus juridique national très riches », avant de préciser que « toute lutte sans base légale est vouée à l’échec ».
Le premier panel, animé par Me Alexandrine Saïzonou Bédié, avocate au barreau du Bénin, a mis en lumière les textes en vigueur et les mécanismes juridiques existants pour accompagner les survivantes. Elle a appelé à une meilleure organisation et à une spécialisation des ONG : « Toutes les ONG ne peuvent pas faire la même chose […] Chaque problématique a ses réalités et ses besoins », a-t-elle indiqué, plaidant pour une approche coordonnée afin de garantir « une réparation intégrale » aux victimes.
Le second panel s’est intéressé à la place des religions dans la lutte contre les VBG. Il a réuni une représentante de la Direction générale de l’Offe ainsi que l’imam de la mosquée d’Abomey-Calavi Agori, El-Hadj Abdoul Latif Ekounlabi. Ce dernier a invité à « déconstruire les préjugés » autour de l’islam, rappelant que la religion « n’a jamais demandé de maltraiter les femmes » ni encouragé le terrorisme.
De son côté, la représentante de l’Offe a mis en avant le rôle stratégique de son institution dans la sensibilisation, l’accompagnement et la protection des victimes.
Ce café-débat a permis de renforcer les échanges entre acteurs juridiques, religieux, médiatiques et communautaires, tout en consolidant le plaidoyer pour une prise en charge véritablement globale et intégrée des survivantes de violences basées sur le genre au Bénin.



